La laïcité aux risques des convictions

C’est la thématique de la 23 ème édition du Dîner des Amis de la Fondation Diaconesses de Reuilly, qui a eu lieu le 11 octobre 2019. Valentine ZUBER, Historienne et Directrice d’études à l’École pratique des hautes études, Spécialiste de l’histoire de la liberté religieuse en Europe occidentale et de la laïcité en France, était l’invitée d’honneur. Pour elle, la laïcité « ne peut en effet pas seulement résulter de la seule somme des convictions particulières mises bout à bout. Si ces convictions ne vivent et n’évoluent pas à travers un véritable dialogue au sein de la société, la mise en œuvre du principe de laïcité est impossible ».

Et c’est parce qu’il y a possibilité de frictions, de désaccords, d’inconfort d’un point de vue politique, culturel, religieux ou social que « le respect de la laïcité devient vraiment nécessaire. Elle doit être le cadre permettant la résolution des conflits ».

Et particulièrement en temps de crise, comme actuellement, lorsqu’une conviction particulière cumule les handicaps : relégation sociale, préjugés, confusion des genres avec l’assimilation trop souvent faite de la religion à ces dérives fondamentalistes et violentes, Valentine Zuber nous rappelle alors l’essentiel : « La défense de la laïcité est l’affaire de tous, des croyants fervents comme des croyants plus tièdes, des agnostiques comme des athées revendiqués, elle n’est l’apanage de personne en particulier ».